Le Béarnais David Castéra (38 ans), Directeur sportif du Dakar dévoile, en exclusivité pour « Raid Live » et avant la présentation officielle de ce matin à Issy-les-Moulineaux siège de A.S.O. (Amaury Sport Organisation), les grandes lignes de l’épreuve qui se disputera en Amérique du Sud du 3 au 18 janvier 2009.
Comment trace-t-on une épreuve en partant d’une feuille blanche ?
David Castera : « en s’appuyant sur des connaissances car, tracer un « Dakar » sur un continent que l’on ne connaît pas c’est, beaucoup de travail. Nous nous sommes appuyés sur toute l’organisation du rallye Por las Pampas dont Tiziano Siviero qui connaît parfaitement les deux pays, Argentine et Chili, ils nous ont aidé à dégrossir nos jeux de pistes. J’ai passé trois mois là-bas avec des aller-retours soit quasiment le double de temps de ce que l’on fait habituellement pour le Dakar en Afrique pour l’équipe de neuf à dix personnes équipée de trois voitures, un camion et une moto dans celui-ci pour les parties de dunes me permettant de chercher des pistes et de gagner du temps sans nous planter afin pour rentabiliser au mieux le temps dont nous disposions. »
Quel va être le découpage du Dakar ?
David Castera : « Il est de 9578 km dont 5656 km de secteurs sélectifs. C’est une super répartition, il y a longtemps que nous n’avions pas eu ce pourcentage avec deux-tiers de spéciales et un tiers de liaison. La finalité, que les concurrents fassent le même pourcentage de dunes qu’en Afrique, ce qui est marquant c’est qu’elles sont concentrées dans certains endroits quand on y rentre, on ne peut qu’explorer la totalité de la zone, elles font par exemple 100 km alors qu’habituellement, elles faisaient trois kilomètres par-ci, puis cinq par-là Dans les cordons ils y resteront un bon moment. Ils devront être patients, s’y lancer franchement car leur découpage est différent de celles africaines, ils auront finalement autant de difficultés avec les mêmes ingrédients mais avec des nouveautés comme de la montagne ou le Pacifique en fond de toile. Au niveau paysage ils vont être gâtés ! »
Les pistes présentent-elles du danger ?
David Castera : « Les pistes sont plus entretenues et moins cassantes que celles du Maroc, elles sont aussi moins dangereuses et piégeuses que celles de l’Afrique. »
Le Dakar d’Amérique du Sud est-il plus accessible aux débutants ?
David Castera : « Je ne pense pas car, le rallye sera tout aussi physique que le Dakar africain. Ce qui change, il sera moins dangereux mais pas plus accessible aux amateurs. Le message que je fais passer quand on me questionne : ne sous-estimer pas ce rallye et surtout votre physique, il sera aussi dur que les autres et même davantage. »
Quelle sera la moyenne quotidienne de kilomètres en spéciale à avaler ?
David Castera : « de 400 à 500 km par jour, la plus longue développe 670 km et la plus courte, 230 km. Le rallye se disputera sur 14 étapes. Le départ et l’arrivée s’effectueront à Buenos-Aires et la journée de repos à Valparaiso. »
A quoi doivent s’attendre les assistances ?
David Castera : « elles rouleront sur routes et pistes, aucune comparaison avec l’Afrique puisqu’elles effectueront 2000 km de pistes sur un total de 6000 km. Globalement leur parcours sera roulant et moins dangereux qu’en Afrique ce qui nous rassure. Le plan de sécurité routière reste bien évidemment en place même si certaines routes sont désertiques avec de grands bouts de ligne droite mais avec moins de population, c’est donc plus rassurants pour nous. »
Avez-vous conservés les bivouacs ou hôtels pour tout le monde ?
David Castera : « L’esprit reste identique à celui instauré en Afrique avec de grands bivouacs, douches, restauration, zones techniques avec le PC, médical, salle de presse, malles pour les motards Nous serons au cur de villes ou de villages, plus sur des aéroports. Par contre, à deux reprises nous serons dans la pampas ! »
Pour quelle étape avez-vous eu un coup de cur ?
David Castera : « Copiapo - Fiambala (14 janvier) ce n’est pas la plus longue (215 km), ni la plus dure mais c’est incontestablement la plus majestueuse en terme de paysages. Cette étape sera le retour en Argentine dans un cadre enchanteur, au Paso San Francisco, à 4700 mètres et comme je n’ai pas encore grimpé le Mont-Blanc je considère que c’est fait ! Ce sera une journée émouvante et un grand moment du rallye. En traçant le parcours, nos recherches essentielles : nouveauté, découverte, aventure et beauté. »
A quand les retrouvailles avec les concurrents ?
David Castera : « Les européens effectueront leurs vérifications administratives et techniques les 26 et 27 novembre au Havre puis chargeront leurs engins sur des cargos. D’autres « vérifs » sont prévues les 30 et 31 décembre à Buenos-Aires Tous les véhicules seront mis en parc fermé, ils grimperont sur le podium le 2 janvier de 16h 30 à 22h 30 car, les gens sortent beaucoup le soir et c’est l’été en Amérique du Sud. Le départ sera donné le 3 janvier entre 3 et 4 heures du matin. Le retour s’effectuera au même endroit, le samedi 17 au soir, le 18 sera consacré à la remise des prix »
Source : rally-live.com