Des dunes imposantes, de la navigation hyper pointue, des lacs au milieu des dunes et une tempête de sable. Les camions hors délai. Voici le cocktail explosif de René Metge pour cette 14ème étape dont le départ a été donné au Musée du Sable dans un décor inoubliable et dans une ambiance folklorique inégalée.
En auto, l’Allemagne, avec Kahle, signe son premier succès dans la Transorientale. « Matthias a entièrement méritée sa première victoire. C’est avant tout une étape d’anthologie, il fallait analyser rapidement et Matthias l’a fait de main de maître ». Cette déclaration émane de Jean-Marie Lurquin, le co-équipier de Monterde, (buggy Schlesser) dans la ville Bayan Hot, à l’issue de la spéciale.
Le buggy Fast&Speed de Kahle-Schünemann a vécu son jour de gloire, avec ce succès dans cette épreuve. Malgré tout, le pilote allemand tient à rester modeste, comme à son habitude : « Oui, la navigation a été dure et difficile mais quand tu montes et descends des dunes vertigineuses au milieu de lacs, et qu’après 100 kilomètres, tu aperçois des gens en haut des dunes, tu ne peux qu’applaudir le travail de René Metge. Au début de la spéciale, nous avons roulé de concert avec Monterde et Delecour avant que le Français renonce sur ennuis mécaniques. Dès lors, nous avons joué au chat et à la souris. Parfois, je prenais la direction des opérations puis Monterde repassait devant. Et puis en fin de spéciale, il est resté planté au sommet d’une dune. De toute façon, aujourd’hui il fallait privilégier la navigation et prohiber au maximum l’attaque ». Avec ce succès, l’Allemand installe son buggy Honda à la 3ème place au général.
Monterde se satisfait de cette seconde place et vise calmement la victoire dans deux jours dans la capitale chinoise.
Après sa déconvenue de la veille, le tandem Gibon-Gibon s’installe confortablement sur la deuxième marche du podium. «RAS si ce n’est une immense satisfaction au regard des événements d’hier» confiait Nicolas Gibon.
Tous les concurrents sont unanimes sur un point : ce fut la plus belle et la plus grandiose épreuve spéciale. J.M. Lurquin : «Même à Dubaï, je n’ai pas vu de dunes de cette grandeur» ou encore Eric Vigouroux « C’est la plus belle spéciale de ma vie. Tu montes, tu descends, tu navigues puis tout à coup tu vois un lac ; puis plus tard une maison avec ses habitants qui nous saluent au passage »
Du coté des motos, Jaroslav Katrinak persiste et signe. Quelle insolence de la part du motard slovaque et surtout quel talent. Non seulement, il réduit ses poursuivants directs (Ullevalseter, Kolomytsyn, Borsi, Mugnaioli, Arredondo et consort) à un rang de faire-valoir. Dans cette épreuve spéciale, le vaillant Slovaque a montré toute l’étendue de son talent. Le secteur sélectif faisait la part belle au pilotage, tout en finesse et surtout à un sens inné de la navigation en haut et en bas des nombreuses dunes pour se terminer dans un parcours composé d’herbe à chameau. Katrinak se permet de coller plus de 3 minutes à Ullevalseter, le Norvégien, son premier prétendant ; plus de six minutes à Borsi, le meilleur Transalpin aujourd’hui ou encore le Russe Kolomytsyn qui a souffert dans les dunes. Celui qui pourrait ou pourra encore priver Jaroslav Katrinak de la victoire devra se lever de bonne heure !La performance du jour est à mettre à l’actif de Josef Machacek. Le Tchèque a réalisé le 10ème temps au guidon de son quad. Le parcours de la spéciale se prêtait parfaitement à ce genre de véhicule.
Chez les Français, la palme revient à Nicolas Boyer (Honda). Quant à Dominique Robin, le Sud-est peut être fier de lui. Il côtoie sans complexe les Kolomytsyn, Arredondo, Merkit et autre Pronk, les cadors de la catégorie moto marathon. Ce soir, il pointe au 12ème rang de la spéciale
Coté camion, ils sont tous sont arrivés en hors du temps imparti et il n’y a donc pas de classement du jour. Conséquence, le classement général est inchangé.
Les concurrents ont également essuyé leur première tempête de sable. Les as de la navigation ont fait parler la poudre. Et le soir, au bivouac, Vigouroux racontait qu’il avait roulé sur une moto. Grosse frayeur pour le pilote du Trophy Truck (8ème, ce soir). En fait, le motard avait délaissé sa moto et errait hagard dans les dunes, à une centaine de mètres de son engin. Plus de peur que de mal puisque l’équipage du Trophy Truck aidait à remettre le motard sur pied avant de poursuivre, la spéciale.
Demain, la spéciale ne s’annonce pas facile mais pour beaucoup le général pourrait être figé. Les dunes seront hautes, très hautes.
Source : rally-live.com
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